dimanche 15 novembre 2009

Podium *


Podium démarre bien, on y voit Claude François exalté enchaîner des vrilles folles, pris par une quelconque démence. On le voit s’abandonner dans une communion avec la foule en liesse, arracher sa chemise blanche, se mettre à nu, prendre possession de la scène par son unique charisme. Les images d’archives s’estompent progressivement et la caméra plonge sur un corps fourbu par l’effort, Bernard Frédéric allongé, Benoît Poelvoorde extatique et déjà épuisé…

La voix off prend alors possession du film, elle le vampirise et son ton monocorde l’asphyxie rapidement. Poelvoorde qui, lors de la promotion du film, a inlassablement écumé les différents plateaux télés, les radios, les unes des magazines apparaît étrangement absent. Poelvoorde copie Poelvoorde. Il le dit lui-même, il est avant tout un personnage et quand un réalisateur le choisit c’est uniquement dans cette optique. Le film existera grâce à ce ton hors du commun, cette gueule, ce passé percutant : « C’est arrivé près de chez vous », « Les convoyeurs attendent », « Les portes de la gloire ». Alors quand on part à la rencontre de Podium, c’est surtout pour y voir Benoît, malheureusement ce dernier est encore à la recherche de son second souffle et il ne déclenche plus l’hilarité. Ses mimiques semblent éculées. Pire, il ne semble même pas s’amuser. Certes Benoît chante mais on le préfère poète : « Pigeon, oiseau à la grise robe, dans l’enfer des villes, à mon regard tu te dérobes, tu es vraiment le plus agile ».

Alors il reste le film, orphelin de sa star. Etrange objet que ce film. Une première œuvre qui se démarque par le minimalisme de son décors. La mise en scène et le scénario sont à son image. Une histoire qui tourne en rond, sans âme et sans coffre. Il y a pourtant quelques dialogues percutants mais la production a cru bon de les glisser tous dans la bande-annonce. On les connaît déjà par cœur, on a déjà vu le film. On découvre quand même Evelyn Thomas, cerise sur le gâteau… On crie à l’imposture, on s’en veut juste de s’être fait berner par une campagne de presse tous azimuts. Et oui car le perdant dans tout ça, c’est pas Yann, c’est moi.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire