dimanche 15 novembre 2009

Intermission *


Tout commence par une rupture. John décide de faire une pause avec sa copine Deirdre afin de tester leur amour. Cette séparation anodine entraîne une série d’évènements et de conséquences imprévisibles qui vont modifier la destinée de plusieurs personnages. Onze histoires particulières se trouvent ainsi inextricablement liées. On suivra notamment les pérégrinations d’un flic hargneux, héros d’une émission de télé réalité le mettant en scène sur les lieux de son travail. On partagera entre autres les errances d’un producteur de films ambitieux, d’une femme abandonnée par son mari, d’un célibataire frustré, d’une jeune fille en dépression et d’un chauffeur de bus licencié suite à un accident provoqué par un gamin en culottes courtes.

Pour son premier film, John Crowley n’a pas choisi la facilité. En décidant de narrer en parallèle les aventures d’une dizaine de personnages bien trempés, il pouvait aisément imaginer la nature périlleuse d’une telle entreprise. Pourtant, la direction d’acteurs est magistrale (étant donné le nombre important de premiers rôles). Par contre, il faut avouer que le scénario et la mise en scène souffrent d’un manque d’originalité criant, préjudiciable à la qualité intrinsèque de l’œuvre. Certes la volonté initiale est certainement de produire une grande fresque urbaine plus ou moins structurée à partir d’une mosaïque éclatée. Un peu à la manière de MAGNOLIA(avec plus de violence, de vulgarité et sans la maîtrise de Paul Thomas Anderson), des monades isolées se rencontrent par le plus grand des hasards et leurs vies s’en trouvent irrémédiablement transformées. Malheureusement le procédé est on ne peut plus éculé et l’effet de surprise nous laisse indifférent. De plus, la surenchère d’histoires intermédiaires phagocyte le propos initial, tant et si bien qu’on perd rapidement la nature de ce dernier.

INTERMISSION (entracte, pause), comme son nom l’indique, traite de cette période où tout part en vrille dans notre quotidien. Période de mutation où il faut envisager de remettre en questions repères et certitudes. Dans le cas présent, hommes et femmes se trouvent condamnés à une solitude involontaire. Tous vont alors partir à la recherche d’une échappatoire salvatrice pour fuir leur effrayante condition. Une dynamique d’une platitude manifeste, leur enjoignant de commettre des actes qu’ils n’auraient jamais osés faire, offre à l’intrigue son quota de rebondissements. Mais en dépit de ces vaines tentatives de changement de rythme, la comédie ne prend pas et l’on parvient juste à être irrité par la vacuité du scénario.

Dommage car le film démarre sur les chapeaux de roue avec une scène inaugurale des plus originales. Colin Farrell, qui campe dans le film une petite frappe très convaincante, joue tout en décalage une scène de séduction qui s’apparente davantage à une rupture précoce. Une bande son énergique nous entraîne dans un générique enlevé et prometteur. Puis... plus rien ! On assiste médusé à une succession de scénettes rocambolesques et de blagues de potaches qui sont loin de provoquer notre hilarité. Plus les minutes avancent et plus l’histoire perd en lisibilité. Elle finit par accuser un cruel manque de cohérence dont elle ne sort pas indemne. C’est un film hybride que cet opus irlandais qui, cherchant à explorer des genres et des pistes, finit par se perdre dans la toile de ses errances.

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